« Ce n'est pas une usine à poussière comme une fonderie et il n'y a pas d'huile comme en mécanique. Le métier n'est pas plus dur qu'ailleurs ». Autant de bonnes raisons d'aimer jusqu'au bout l'Embout. Robert Cardey y a travaillé jusqu'en 1981. Le jeune ingénieur tout juste diplômé de l'Institut catholique des Arts et métiers de Lille décroche son premier poste à Sochaux en 1942. « Les presses étaient alors séparées les unes des autres et on glissait les pièces à la main ».
1975: embauche de 100 femmes
Au lendemain de la guerre, Sochaux s'équipe de la plus belle presse d'Europe. « C'était le nec plus ultra. C'était mieux que Citroën ». Une tradition d'excellence que l'Embout va garder. En 1974, la chaîne Danly, fabriquée par une entreprise américaine, fait référence. C'est alors le temps des copains et de la convivialité. Et bientôt arrivent les copines. « Un atelier qu'avec des hommes, c'était un peu triste. En 1975, j'ai lancé l'embauche féminine. Le métier était dur pour les femmes. Alors, je les prenais comme caristes ou comme contrôleuses. J'en ai embauché 100 en deux mois. C'était assez rare à l'époque ».
Sécurité
Cette carrière bien remplie est endeuillée en 1959. Un metteur au point a la tête écrasée par une presse. Alors qu'il nettoyait l'outil, un de ses collègues n'a pu maîtriser les commandes. « Je n'ai pas dormi pendant quinze jours. Aujourd'hui, ce type d'accident n'arrive plus ». Et Robert Cardey a pu apprécier en connaisseur l'installation d'un automate de sécurité et un système anti enfermement. Désormais, le conducteur d'installation se signale par le biais d'un badge avant de pénétrer à l'intérieur de la ligne. Dès lors, le système ne peut redémarrer. La nouvelle installation a gagné en sécurité mais aussi en rapidité. Ce n'est pas Robert Cardey qui s'en plaindra.











