Les histoires fortes de Didier Comès, ses créations poétiques, ses développements oniriques parlent d'eux-mêmes. Leur lecture, et leur relecture, est toujours un réel moment de bonheur. Ce qui fait qu'on le considère déjà comme l'héritier spirituel d'Hugo Pratt. Décembre 1944, quelque part dans les Ardennes belges, lors de la grande offensive des armées d'Hitler. Au pied d'un calvaire mutilé par les bombardements alliés, au fond d'un cratère d'obus, un très jeune soldat totalement inexpérimenté, tout juste arrivé d'Angleterre, découvre qu'il n'est pas seul dans ce lieu désolé, ouvert à tous les dangers. Trois fantômes l'habitent déjà : deux tués de la guerre de 14, un Français et un Allemand, flanqués d'un ancien alcoolique morts d'une cirrhose du foie entre les deux guerres. Sous l'oeil de corbeaux ironiques et insolents, cet improbable trio s'est lancé dans une partie de partie de belote dantesque, à laquelle il manque désespérément un quatrième joueur… Entre humour noir, action et introspection désabusée sur la vanité des conflits humains, Dix de der marque le grand retour de Didier Comès dans l'actualité de la bande dessinée, dans un somptueux noir et blanc plus irradiant que jamais.
«Dix de der», Editions Casterman, 12,95 €.











